Savoir-faire artisanal et fabrication
La confection de la Chemma relève d’un
artisanat domestique ancestral. Les femmes
kabyles filaient et tissaient la laine de mouton localement sur des métiers à tisser verticaux
traditionnels. Le filage, la teinture et le tissage constituaient un savoir-faire féminin
fondamental, garantissant l’autonomie textile des familles montagnardes.
Le
Burnous, souvent assorti, est tissé séparément à partir de laine pure. Le tissage manuel en
fait un vêtement chaud, imperméable et durable, parfaitement adapté aux rigueurs du climat
montagnard.
Rôle social et transmission
La Chemma est indissociable de la vie quotidienne et du mode de vie kabyle. Elle exprime
l’harmonie entre l’homme, la nature et la communauté. Transmise de père en fils, elle
demeure un symbole d’appartenance identitaire fort.
Aujourd’hui encore, elle est portée lors des festivals traditionnels et dans certaines zones
rurales, bien qu’elle ait cédé la place, dans les villes, à des vêtements modernes. Des artisans
et associations locales œuvrent à sa préservation dans le cadre du patrimoine vestimentaire
amazigh.
Valeur patrimoniale et contemporaine
La Chemma kabyle, par sa simplicité et sa durabilité, témoigne de la sagesse écologique et
sociale des sociétés montagnardes algériennes. Elle incarne un modèle de vêtement adapté au
climat, au travail et aux valeurs de solidarité.
Aujourd’hui, elle est exposée dans plusieurs musées algériens — notamment au Musée
National des Arts et Traditions Populaires d’Alger — comme un exemple vivant du
patrimoine textile kabyle.
Sources :
Bacha, N. (2018). Costumes traditionnels d’Algérie. Alger : Éditions ENAG.
UNESCO (2023). Traditional Weaving and Clothing Heritage in North Africa.
https://ich.unesco.org
Mahfoufi, M. (2005). Le costume kabyle : identité et mémoire. Université de Béjaïa.
Musée National des Arts et Traditions Populaires, Alger (Catalogue patrimonial,
2022).