Hassiba Ben Bouali : icône de la lutte algérienne
Hassiba Ben Bouali est née le 18 janvier 1938 à Sendjas (anciennement Bougainville), dans
la wilaya de Chlef, en Algérie. Issue d’une famille relativement aisée, elle passe ses premières
années dans sa ville natale avant que ses parents ne s’installent à Alger vers 1947. Dès son
plus jeune âge, Hassiba est exposée aux inégalités imposées par la colonisation française :
grâce au scoutisme et à ses études, elle prend conscience des difficultés des Algériens sous le
régime colonial.
Pendant ses études secondaires à Alger, elle rêvait de devenir infirmière, et c’est là que
s’ancre son désir d’agir concrètement dans l’aide aux blessés ou aux victimes des violences
coloniales. En 1954, à l’âge de seize ans, elle rejoint l’Union générale des étudiants
musulmans algériens (UGEMA), se politise davantage et commence à militer.
Engagement dans la bataille d’Alger
L’engagement de Hassiba devient plus actif en 1956. Elle intègre le réseau de bombes du FLN
dans la Zone Autonome d’Alger, sous la direction de figures comme Yacef Saâdi. Elle est
engagée dans la préparation, le transport et la pose d’explosifs dans le cadre de la lutte urbaine
contre le pouvoir colonial. Elle travaille également à l’hôpital Mustapha Pacha, ce qui lui
permet d’avoir accès à des produits médicaux ou substances nécessaires pour ce réseau
clandestin.
Durant la bataille d’Alger (1956-1957), période de lutte intense en milieu urbain, elle
accomplit des missions de liaison, de soutien aux blessés et participe aux opérations du FLN
dans la Casbah. Elle est activement recherchée par les autorités coloniales. En décembre
1956, un mandat d’arrêt est lancé contre elle, et elle est condamnée par contumace à des
peines sévères : travaux forcés, condamnation à mort dans ce qui fut appelé « le procès des
poseurs de bombes ».
Mort et martyre
Le 8 octobre 1957, la maison-cache du FLN au 5, rue des Abderames, dans la Basse Casbah
d’Alger, est encerclée par les parachutistes français. Hassiba, Ali la Pointe, “Petit Omar” et
d’autres combattants y sont retranchés depuis la fin de septembre. Lorsque les soldats français
demandent leur reddition, le groupe refuse. Une explosion est déclenchée : la maison est
dynamitée, tuant Hassiba et ses compagnons. Sa mort survient dans ces circonstances
tragiques, à l’âge de 19 ans. Cette date et ce lieu — la Casbah, bastion de la résistance urbaine
— confèrent à son sacrifice une dimension martyriale forte dans la mémoire collective
algérienne.
Inspiration et héritage
Le rôle de Hassiba Ben Bouali dépasse largement ses propres actions. Elle est devenue une
figure emblématique de la participation des femmes dans la guerre de libération nationale,
un modèle de courage, de détermination et de sacrifice. Sa jeunesse - seulement 19 ans -
accentue la dimension héroïque de son destin.
Son nom est porté par de nombreux lieux en Algérie : l’Université de Chlef en porte le nom,
plusieurs lycées, rues, boulevards à Alger, etc. Sa mémoire est aussi entretenue dans les arts,
la littérature, les commémorations, et elle incarne une inspiration pour les générations post-
indépendance.
Hassiba Ben Bouali est l’une des figures les plus poignantes de la Guerre d’indépendance
algérienne. Née à Chlef, élevée à Alger, elle grandit consciente dès son adolescence des
injustices coloniales. Elle choisit de s’engager jeune dans le FLN, avec courage et
intelligence, endossant des rôles risqués : agent de liaison, poseuse de bombes, soutien
médical. Son ultime sacrifice, dans la cache encerclée de la Casbah, immortalise son nom.
Elle reste une icône nationale — symbole de la participation féminine, de la lutte pour la
liberté et de l’engagement total — dont le souvenir continue d’inspirer l’Algérie et de rappeler
que la lutte pour la dignité et la justice recèle des visages humains, souvent jeunes, souvent
presque anonymes, mais toujours essentiels à l’histoire.