Valeur culturelle et symbolique
Le Makroude el louse est plus qu’un simple gâteau : il participe de la mémoire culinaire des familles, particulièrement dans les régions où l’amande est une ressource locale ou historiquement utilisée. Il sert de douceur festive, consommée durant les mariages, les fêtes religieuses (Aïd, Mawlid, etc.), et comme gâteaux d’honneur lors des visites. Comme beaucoup de pâtisseries dans le Maghreb, il est aussi un vecteur de transmission familiale : la recette est souvent jalousement gardée, transmise de mère en fille ou entre générations.
Dans certaines familles, préparer le Makroude el louse est un acte de soin et d’excellence culinaire, une manière de montrer hospitalité et raffinement. Son profil sucré, riche en amandes, le situe dans la catégorie des gâteaux de luxe ou de prestige, statut que lui confère aussi son coût en matières premières (l’amande étant plus chère que d’autres ingrédients).
Enjeux contemporains et patrimoine culinaire
Avec la standardisation et la commercialisation de la pâtisserie industrielle, le Makroude el louse risque de perdre de son originalité si la recette artisanale n’est pas préservée. Pourtant, il reste proposé dans certaines pâtisseries traditionnelles, lors de cérémonies ou de salons gastronomiques dédiés à la cuisine algérienne. Il participe à la diversité du patrimoine culinaire algérien, aux côtés de nombreuses autres douceurs typiques (baklawa, Kalb el louz, ghribia, cornes de gazelle, etc.).
Même s’il n’est pas (à ma connaissance actuelle) répertorié comme élément du patrimoine immatériel par l’UNESCO, il s’inscrit dans la tradition algérienne des confiseries artisanales, lesquelles sont de précieux témoins de la culture du goût, de la fabrication artisanale et des savoir-faire régionaux.
Le Makroud el louse (ou Makroudh el louz) est une pâtisserie algérienne d’origine constantinoise.
- On le retrouve particulièrement dans la ville de Constantine, où il est considéré comme une spécialité incontournable des fêtes et des cérémonies.
- Ce gâteau se distingue des autres makrouds (souvent à base de semoule et de dattes, répandus à Tlemcen, Alger, Biskra, etc.) par l’utilisation exclusive d’amandes moulues comme base de la pâte, parfumée à la fleur d’oranger, puis trempée dans du sirop ou du miel.
- Dans la tradition constantinoise, le Makroud el louse fait partie des pâtisseries raffinées, souvent préparées pour les mariages et les grandes occasions, au même titre que la baklawa ou les dziriettes.
Sources :
Bourouiba, Rachid. Costumes et Traditions de l’Algérie. Alger : SNED, 1984 (section sur la cuisine et la pâtisserie constantinoise).
Mahfoufi, Nadia. Patrimoine culinaire algérien. Alger : ENAG, 2010.
Site spécialisé « Cuisine Constantinoise » (cuisineconstantinoise.com, consulté 2023).